Top

YEUX DANS LES YEUX

mode-decembre-201717

YEUX DANS LES YEUX

Elle s’appelle Neïla Romeyssa. Surnommée aussi Romy, c’est une jeune femme pleine d’entrain, de punch et d’engagement qu’on rencontre pour cette 3ème édition. Elle est algérienne et parisienne à la fois. Loin du cliché de la simple blogueuse, Neïla est une femme qui va plus loin que quelques posts Instagram. Sa passion? L’engagement et la liberté d’expression. Elle aime faire découvrir une vision moderne et riche de l’Algérie. Elle aime écrire sur la
différence entre nos deux cultures. Elle aime constater que c’est de cette différence que nait la richesse de l’homme. Et nous on l’aime pour tout ça. Le talent c’est en dessous.

Es-tu sur(e) de vouloir m’appeler beurette ? Elle se déhanche chaque soir à la dénommée chicha, un vrai papillon de nuit, c’est sa façon de séduire. Elle se fait belle, des rendez-vous manucure, des séances d’UV. Mais quel avenir va-t-elle construire? N’en a-t-elle pas un dont elle a toujours rêvé? C’est elle, on la surnomme la beurette.

Cette fille d’origine maghrébine, de parents ou grands-parents immigrés, est spectatrice souvent impuissante d’une déconsidération sociale et économique subie par ses aînés. Une identité ouvrière qui ne lui est pas familière. Elle a besoin de trouver une définition, un conformisme social qui éventuellement, déclencherait son ascension.

Mais pourquoi l’appelle-t-on beurette ? On me dira tout d’abord que c’est la simple féminisation du mot « beur ». Puis on m’expliquera que ce mot n’a pas vraiment d’étymologie, de sémantique.
D’autres comprendront que c’est un terme batard, barbare, réducteur, la beurette c’est aussi ce fantasme, cet anti-depresseur. La beurette est une déclinaison de la cagole, en plus exotique.

Elle déchaîne les passions, elle est si mystérieuse. Même Booba va à la chicha pour les beurettes, Lorenzo parle de « beurette de luxe », El Matador ne déconne pas, il explique dans un de ses sons « Qu’il a le beurre, l’argent du beurre et toutes les beurettes. Une beurette libertine, partouzeuse de limousine », il souligne également que
« Beurette aime les rappeurs et les footballeurs ». La culture populaire rend le terme accessible à tous, c’est là où l’on s’aperçoit que beurette est devenu un carcan dans lequel on renferme toutes les femmes
issues de l’immigration maghrébine orientale, ne correspondant pas au baromètre de la femme respectable des régions du Maghreb.
L’insulte n’est pas considérée comme telle car elle est banalisée.
Cette banalisation justement, fait oublier son côté sexiste et raciste, le concept de la beurette est attractif. Ce pessimisme est seulement perçu par la communauté maghrébine féminine, qui elle ne se voit pas
correspondre à ces critères-là.

Alors es-tu sûr de vouloir m’appeler beurette ?

@neilaromeyssa

No Comments

Post a Comment

Inscris-toi et reçois en exclu’ ton magazine

Notre instagram