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Lisa Balavoine: INTERVIEW !

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Lisa Balavoine: INTERVIEW !

« À travers une série de fragments, Lisa Balavoine, la quarantaine, divorcée et mère imparfaite de trois enfants fait le tour de son existence comme on fait le tour du propriétaire, et signe le roman espiègle et nostalgique de toute une génération. Convoquant la mémoire de chansons, de films, d’événements emblématiques des années 80 à aujourd’hui, entremêlant souvenirs de jeunesse et instantanés de sa vie quotidienne, elle fait de son histoire intime un récit dans lequel chacun peut se reconnaître.
Pour nous et surtout pour vous, Lisa a répondu à nos petites curiosités. »

La naissance de ce premier roman, plutôt un accouchement dans la douleur ou une délivrance facile ?
Ce fut un peu les deux à la fois ! J’écris de manière assez impulsive, en état d’urgence, donc l’écriture de ce texte était pour moi une nécessité, un réel besoin à une époque de ma vie où je me sentais en transition. Mais une fois que le
manuscrit est accepté, il y a tout un travail de relecture, de correction, de coupes dans le texte, c’est parfois cela qui a pu être douloureux ou a pu semer le doute.
C’est un long chemin en tous cas de la première ligne à la publication et le plus compliqué pour moi, c’est d’acquérir le sens de la patience.

Quelle chanson a accompagné l’écriture d’Eparse ?
C’est très certainement la chanson qui ouvre le livre, Glory box de Portishead, que j’ai gardée en tête pendant toute l’écriture. J’y entends un cri de femme, une femme qui veut exister pour elle-même, se détacher de l’emprise d’une relation amoureuse qui lui fait mal, arrêter de jouer un rôle. C’est un texte puissant que la voix bouleversante de Beth Gibbons rend mythique.

Forcément chez To do list on ne pouvait qu’aimer les listes dans ton roman ! Est-ce que c’est quelque chose que tu fais souvent au quotidien ?
Oui, c’est un exercice que je pratique régulièrement. Bien sûr, il y a les listes de courses, les listes des rendez-vous de boulot, mais je fais aussi des listes de livres à lire, de films à voir, de souvenirs que je ne veux pas oublier.
C’est une forme narrative que j’aime, on découvre beaucoup de choses sur quelqu’un en lisant ses petites listes.

Tu écris : « On a le corps qu’on peut, on a le corps qui va avec notre histoire. » Un conseil à nos lectrices sur l’acceptation de soi ?
J’aimerais déjà savoir me le promulguer à moi-même !
Disons que je crois que le temps est à la fois un allié et un ennemi, il permet de prendre de la distance avec notre idéal de perfection mais hélas on ne pardonne pas grand-chose aux femmes qui vieillissent, cette obsession de la jeunesse est un fléau de notre société. Pourtant avec le temps on
apprend à accepter ses défauts, à les voir avec plus de bienveillance. Moi je ne suis pas du tout sportive, je suis une bonne vivante et je me mets constamment au régime, que je ne suis jamais, donc je ne suis pas vraiment un exemple à suivre … Finalement, je crois qu’il faut tenter de s’écouter, savoir qu’on fait au mieux pour soi. Et dormir beaucoup. Quand on vieillit, on dort de moins en moins et le miroir du matin est parfois ingrat !

On n’a pas pu s’empêcher de remarquer que tu aimais les vinyles & ça tombe bien nous aussi ! On fait un troc? Teenage Fanclub contre ?
Mais je n’échange jamais mes disques ! Tout comme je ne prête que très difficilement mes livres, j’ai un côté vieille fille collectionneuse un peu pénible. Disons qu’on pourrait s’échanger un Teenage Fanclub contre un groupe que j’adore, The Auteurs, un groupe anglais moins connu mais dont l’album intitulé New Wave est absolument somptueux.

Imaginons un diner idéal, tu peux choisir pour t’accompagner : un poète, un chanteur, un auteur, un peintre ? Qui sont-ils ?
Ahlala quelle question difficile ! Alors, sans trop réfléchir, je dirais Edouard Baer (qui pour moi est un grand poète), Sufjan Stevens, Grégoire Bouillier (son Dossier M, en deux tomes, est un roman magistral) et Thomas Lévy-Lasne, un peintre contemporain dont j’adore le travail. Je peux tricher et inviter aussi Mathieu Amalric ?

Pour finir, on doit avouer qu’on est vraiment impatients de tenir ton prochain livre dans nos mains, tu nous donnes une piste sur le sujet ? Un petit secret juste entre nous !
Pour l’instant, tout cela reste encore bien flou pour moi. C’est difficile de passer à autre chose après la sortie d’un premier roman. Je travaille à deux projets en parallèle, l’un plutôt grave, assez court, qui mêle des textes et des photographies sur le thème du deuil parce que j’ai perdu ma mère il y a quelques mois et j’ai eu besoin d’exorciser cela en l’écrivant. L’autre, plus fictionnel, plus léger, un roman qui parle de la relation d’une mère avec sa fille adolescente, mais ce ne sera pas pour tout de suite, il faudra attendre un peu.

Merci Lisa,
À très vite, on l’espère…

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